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ACHILLE CASTIGLIONI ET LES OBJETS FANTASTIQUES

par | DESIGNERS

Achille Castiglioni (1918-2002) est une figure prolifique du design italien et du XXe siècle. Allant du principe du minimalisme et de la fonctionnalité avant tout, il réalise des assemblages d’éléments inédits et inattendus. Achille Castiglioni crée des objets qui ne manquent ni d’originalité ni d’humour. Il laisse un héritage protéiforme et unique. 

Dans son répertoire : des projets d’urbanisme, d’architecture, d’expositions, de design de produits dont une centaine d’objets, toujours imprédictibles et surprenants. Une réelle ingéniosité, une culture humaniste, une expérimentation intelligente, une expertise technique, une sensibilité esthétique, un règne de la praticité et de la fonctionnalité régit par un minimalisme absolu, et un humour prononcé ; voilà ce qui caractérise la philosophie d’Achille Castiglioni qui a collaboré, pour la majorité de sa vie, avec son frère Pier Giacomo (1913-1968) dans leur studio milanais naviguant entre différents matériaux et jonglant entre industrie, technologie et innovation. Un personnage captivant aux créations mémorables.

Le personnage : Achille Castiglioni

Illustration Castiglioni et un lustre

Achille Castiglioni – © Flos

Achille Castiglioni est né dans une famille artistique dans laquelle son père a été un sculpteur reconnu (Giannino).
Dès son plus jeune âge, il est intéressé par les objets et leur fonctionnement. Il étudie alors l’architecture à l’Ecole Polytechnique de Milan pour rejoindre ses frères dans le Studio Castiglioni en 1944. Avant même l’obtention de son diplôme, ses idées brillantes sont déjà publiées dans les plus grands magazines de design comme Domus en 1943.

Sa quête de fonctionnalité durant toute sa carrière est accompagnée par un retour à la forme la plus simple d’un objet. « Supprimer, supprimer, supprimer et à la fin trouver l’aspect central du design », disait-il.

L’expérimentation avec les formes, les matériaux, les couleurs et les techniques lui est primordiale. D’un côté, il a ramené l’objet à sa plus simple expression ; d’un autre, il a osé mélanger matériaux – plastique, acier, marbre … – et outils – roue de vélo, assise de tracteur, établi de menuisier … – afin d’actualiser des objets déjà présents et les mettre au service d’une société moderne, avec gaieté et légèreté.

Mise à part la création à l’état pure, Achille Castiglioni a entretenu d’autres activités. En 1956, il est l’un des fondateurs de l’association ADI (Association pour le Design Industriel) puis membre honoraire à partir de 1963. De 1950 à 1959, il est consultant artistique pour la chaine italienne RAI. De 1969 jusqu’en 1993, il partage son savoir avec les étudiants de l’Ecole Polytechnique de Milan et de Turin. Enfin il lui est commissionné les expositions de la Triennale de Milan a plusieurs reprises.

Les collaborations avec architectes et designers sont généreuses, ses récompenses et prix innombrables – huit fois lauréat du Compasso d’Oro ! Ses travaux sont édités par les maisons les plus prestigieuses – Flos, Zanotta, De Padova, Alessi, Cassina

Une légende nommée « Arco »


L’une des créations les plus « populaires » et célébrées d’Achille Castiglioni – cocréée avec son frère – reste le luminaire Arco (1962). Un succès esthétique et technique à la fois.

Une lampe en suspension, un lampadaire autant qu’une lampe de sol, on ne saura la classer. Sa forme est originale et poétique, épurée et inédite, simple pourtant complexe. Par la courbure de sa « tige » et ses formes arrondies au socle rectangulaire, elle rappelle un lampadaire urbain, transporté à l’intérieur. Sans avoir besoin de la suspendre au plafond, elle joue pourtant le rôle d’une suspension et éclaire la pièce. Qu’elle se place dans un coin ou qu’elle survole au-dessus de la table à manger, elle illumine l’espace qu’on lui confie.

Divers matériaux et figures la composent : une base rectangulaire en marbre blanc de Carrare et une structure fine courbée en acier qui porte à son extrémité un réflecteur demi-sphérique en acier. Bien que Arco ait l’air d’être aussi légère qu’une plume, sa base pèse plus de cinquante kilos ! Afin de faciliter son déplacement, un trou circulaire perce le socle, dans lequel on peut insérer un manche à balai. Elle souligne l’attention que les Castiglioni prêtent à l’usage quotidien à travers un design analytique et pratique. Son succès fou et immédiat lui a garantit une place au sein des musées, lui a offert une place sur le grand écran (comme dans les films de James Bond) et lui a assuré la continuité de production jusqu’à nos jours – la maison Flos qui en est l’éditeur a vendu plus de 100 000 exemplaires !

Achille Castiglioni pose devant l'Arco

Achille Castiglioni et l’Arco – © Flos

… Parmi tant d’autres pièces inoubliables d’Achille Castiglioni

Il n’y a presque pas un type objet qu’Achille Castiglioni n’a pas inclu sur la liste de ses créations: des luminaires, des chaises, des fauteuils, des tables, des bibliothèques, des cendriers, des bureaux, des machines à café, des poignées de portes, des tire-bouchons, ou encore des lits d’hôpitaux, des éviers et des cuvettes de toilettes ! La plupart sont devenus des best-sellers.
La cuillère Sleek (1962) n’est pas celle qu’on croise dans notre cuisine au quotidien. Commandée par la société américaine d’alimentaires Kraft pour promouvoir sa mayonnaise, Sleek s’assure de ne laisser aucune place au gaspillage. Côté courbe classique et côté plat anticonformiste, les fonds des bocaux n’échapperont pas à son passage !
Sans oublier les autres articles usagers comme le cendrier Spirale (1970) ou le radio-phonographe  RR226 (1965).

Achille Castiglioni pose avec son Luminator

Achille Castiglioni et la Luminator – © Flos

La lampe Snoopy (1967), qui porte le nom du célèbre chien de bande dessinée, est un exemple majeur de l’impact de Castiglioni sur les luminaires de l’époque.

Son abat-jour retrace le profil du nez du personnage BD en métal émaillé, reposant sur un socle en marbre. La lumière est contrôlable par un interrupteur et un variateur – fonction avant-gardiste pour son temps.
On peut aussiciter aussi Luminator (1954), Taccia (1962), Toio (1962), Parentesi (1971), ou Taraxacum (1988).

Des musées internationaux comme le MoMa, le musée Victoria & Albert ou le musée Vitra réservent tous une place à ses icônes.


Ses objets astucieux et inventifs, pragmatiques et adaptés, amusants et détournés nous ont entouré et accompagné bien longtemps (et continuent à le faire) si bien qu’ils font partie du paysage quotidien. Un esprit ironique, une vision innovatrice et une approche fonctionnaliste ont distingués Achille Castiglioni et l’ont place parmi les plus influents du design du XXe siècle.

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